Délibération 10-109 : Débat d’orientation budgétaire
Madame le maire
Mesdames et Messieurs les adjoints et conseillers,
Je ne vous étonnerai pas en vous disant qu’une nouvelle fois, nous ne pouvons souscrire à vos intentions budgétaires pour cette nouvelle année. 2010 ne déroge pas à la règle, vous le dîtes vous même, ce budget est dans la continuité d’une politique déjà engagée depuis quelques années, malheureusement à notre sens, le signe d’une politique inadaptée.
Pourtant vous commencez fort bien, et vous avez raison de le souligner, les collectivités locales sont le principal moteur de la relance économique, ce sont elles qui ont les clés de la proximité, ce sont donc elles qui doivent innover et protéger, elles qui sont garantes de l’unité de la population.
Mais une fois fait ce constat, hélas vous retombez une fois de plus dans vos travers politiques . Vous faites de l’état le seul responsable des insuffisances locales. Vous instrumentalisez les craintes de nos concitoyens et ne dites que ce qui prêche en votre faveur. Je ne prends que 3 exemples mais qui sont révélateurs.
1/ La réforme du passeport sur laquelle nous avons entendu de votre part quantité de critiques. Vous oubliez de dire que l’état vous a versé 3200 euros et fait la promesse de réévaluer les coûts engendrés jusqu’à 6 mois après le lancement de l’opération.
2/ Le désengagement de l’état, plutôt de dire que la dotation globale évolue en moyenne depuis quelques années de 3,5% par an, vous préférez parler d’une trop faible progression.
3/ La taxe professionnelle dont vous subodorez je ne sais quelles retombées, il a été dit et redit que sa suppression ne se ferait pas au détriment des collectivités locales, c’est même apparemment l’inverse, car si j’ai bien compris, sa compensation se ferait plutôt en faveur du bloc communes-collectivités de commune. C’est d’ailleurs l’engagement solennel qu’à pris notre 1er ministre le 16 février dernier lors d’un discours devant les élus du nord.
Vous le savez Mme le Maire, cette taxe absurde est un frein pour notre économie. Nous avons la chance d’avoir un gouvernement courageux qui ose s’en affranchir, vouloir la conserver aujourd’hui serait synonyme d’irresponsabilité.
Par ailleurs, vous avancez des hypothèses sur l’état de la France qui sont lourdes de conséquences. Vous parlez d’un taux de chômage pouvant remonter en 2010, alors que tous les indicateurs et l’avis de notre président s’accordent à dire l’inverse.
Vous parlez d’une progression sans précédent de la dette publique de l’état, mais n’est-ce pas là la conséquence d’une trop grande et trop habituelle quête de droits sociaux. Les nombreux et lourds investissements qui ont été faits dans l’automobile ou les banques ont permis de maintenir la France au dessus de nos voisins européens. Auriez-vous préféré laisser choir les banques et nous conduire à la banqueroute généralisée ?
Sur l’état de santé de notre commune, si nous n’étions pas en temps de crise, et si les investissements nécessaires avaient été faits, je vous en féliciterai. Malheureusement, c’est dans ces moments difficiles qu’il faut se tourner vers l’avenir et miser sur de nouveaux pôles de développement. Et c’est là, Mme le Maire, que vous manquez à vos devoirs.
Réduire votre budget de fonctionnement, très bien, vouloir, malgré la crise, faire tomber absolument la dette sous les 6%, c’est ignorer les priorités qui s’imposent à vous. Mais le pire à nos yeux, ce sont vos investissements.
Vous nous dites que les collectivités locales ont le devoir d’amortir les conséquences sociales de la crise. Qu’allez-vous dire aux Brondillants à qui vous allez demandez un effort fiscal de plus de 8% ?
Vous nous parlez d’investissements que vous qualifiez d’ambitieux. Vous parlez je suppose de ces quelques rénovations d’habitats ou d’équipements par ci, ces quelques rénovations par là, de la construction d’une médiathèque sur dimensionnée et excentrée, en fait des projets d’investissements sans grande retombée économique locale, mais qui font le profit d’entreprises non Brondillantes.
Parler d’investissements ambitieux, ce n’est pas simplement mettre en œuvre l’attractivité en emplois ou en services de l’hôpital mère-enfant, qui n’est d’ailleurs pas de votre fait, ce n’est pas non plus dresser un bilan de 60 micro-entreprises couvées dans une pépinière mal connue.
Vous nous avez dit vouloir soutenir le développement d’un pôle scientifique à BRON avec la venue d’un neuro-campus et 300 chercheurs, vous avez dit promouvoir un projet d’aménagement équilibré sur les terrains de l’aéroport. De tout cela rien, que des promesses !
Nous vous le disons, Mme le Maire, vous n’avez pas pris conscience du nouvel enjeu qui s’impose aux collectivités, vous êtes resté sur le schéma révolu, état payeur, collectivité dépensière.
Le véritable enjeu de ces 10 prochaines années, c’est faire de BRON la ville la plus attractive économiquement du bassin sud-est de la COURLY. Il y a 2 ans nous avons eu la désignation de ville la plus sportive, vous avez obtenu l’année passée le label 4 arobases pour votre site internet, est-ce uniquement cela qu’attendent nos concitoyens ? Je ne le crois pas.
Les Brondillants veulent une ville dynamique où l’activité économique y est dense, où le commerce et les services y soient nombreux et accessibles, une ville où leur sécurité et celle de leurs enfants soient garanties.
Le véritable investissement pour la ville de BRON, comme pour les autres d’ailleurs, c’est offrir aux entreprises un cadre plus attractif que les autres. Des services, du transport, des aides au développement, des aménagements pérennes. N’oubliez pas, Mme le Maire, que BRON dispose d’une situation exceptionnelle. 2 autoroutes, 1 contournement autoroutier , 1 périphérique autour de LYON, 1 aérodrome et 1 aéroport, la mer à 4 heures de route, PARIS à 2 heures, les Alpes et l’Italie en moins de 3 heures. Combien de communes peuvent s’enorgueillir d’une telle richesse ?
Qu’est devenu le pôle tertiaire à BRON ? Combien de friches industrielles restent encore à exploiter ?
Des industries de pointe percent tous les jours, des secteurs en plein développement ne demandent qu’à trouver ici des conditions plus favorables qu’ailleurs, faut-il oser et créer pour elles.
· Bâtissez des pôles de compétitivité dignes de ce nom
· Développez des services, des crèches municipales pour les entreprises, à défaut de ne pas servir que les Brondillants, vous créerez des emplois
· Œuvrez pour faciliter le déploiement d’un véritable flux de transport urbain de proximité
· Devenez un facilitateur pour améliorer les conditions de circulation dans ces zones.
· Allez au devant des besoins pour adapter vos offres
· Utilisez tous les leviers médiatiques pour faire connaître la ville de BRON
· Affichez notre image dans les salons, les forums, les campus ou les carrefours d’innovation
Vous le voyez, la liste est longue et traduit ce que peuvent être de véritables investissements. Votre programme budgétaire malheureusement ne laisse voir rien de tel, et ce malgré quelques rares promesses faites lors des dernières élections.
Nous ne pouvons accréditer cette orientation. Merci pour votre attention.
Voilà quelle fut mon intervention, je vous rassure, elle ne fut pas la seule du côté de l'opposition puisque et Jean-Claude ARFI et David LIABEUF épinglèrent tour à tour l'équipe socialiste en place. Je ne parlerai pas des interventions répétées de Mme MERMOUD, la candidate écolo dont on ne sait jamais si elle intervient pour féliciter, cautionner ou critiquer. Ne soyons pas perfide, notre conseillère écologiste entend bien défendre les causes justes d'une écocitoyenneté. Certes le ton employé tend parfois à la complaisance, mais certains de ses propos sont souvent pertinents.
Pour avoir subi de violentes critiques au point d'être menacé d'être exclu du conseil, il me plait de croire que le ton et le contenu de mes prises de parole ont pu heurter la légendaire assurance d'une équipe municipale écrasante. Certes ce fut parfois tendu, certes le ton est quelquefois monté, mais comment accepter sans rechigner les méthodes anti démocratiques consistant à vous donner la parole à un moment déterminé et à critiquer votre propos sans vous permettre à votre tour d'y répondre.
Comme à l'accoutumée, nous eûmes le droit au désengagement de l'état, à la critique de la réforme des collectivités territoriales, et aux divers attaques en règle de l'état, de son président et de ses ministres. Comme à l'accoutumée, nous eûmes le droit à la litanie des régions et communes victimes. Mais fait beaucoup plus insidieux venant des élus communistes, relayé discrètement par des socialistes heureux de retrouver des élus jusqu'à là endormis, la France serait au bord de la discorde civile. Même si ce discours d'un autre temps est un remake de vieux combats politiques de la gauche stalinienne, je ne suis pas certain que ces chers élus en mesurent les conséquences. Car à la force de dire que les gens vont se révolter, à la force de les y pousser, ils se révoltent. Je vais vous dire, tout cela est REVOLTANT.
Dans un très prochain article complémentaire à celui-ci, je vous livrerai les 2 questions que j'ai posées en fin de conseil et les réponses savoureuses qui m'ont été faites.
Bonne nuit !